Comment peindre les feuilles de bambou

Découvrez le plaisir de la peinture zen en commençant par les feuilles de bambou, guidés par la vidéo et les explications écrites.

Depuis plus d’un siècle, les peintures de bambous exercent leur charme sur l’âme occidentale. Grâce à des techniques simples, apprenez à réaliser vos propres peintures ZEN et profitez de leur effet apaisant.

Le bambou est considéré comme un des joyaux de la peinture chinoise et japonaise. Il représente la solidité, la droiture et la souplesse, ainsi que la grandeur d’âme. Ses troncs sont esthétiques et ses feuilles effilées sont très élégantes.

Sa réalisation en peinture est une activité vraiment ZEN. Pour démarrer l’entraînement, vous n’aurez besoin que d’un pinceau qui forme une belle pointe (souple mais pas trop mou – un pinceau synthétique fera l’affaire), d’un peu d’encre de chine et de n’importe quelle feuille de papier. Le papier journal (non glacé) est un excellent support pour l’entraînement.

Quand vous aurez attrapé le virus, vous pourrez vous procurer du matériel chinois (pinceau et papier de riz). Mais le plus important pour le moment, c’est de vous lancer dans le barbouillage du papier et de faire vos gammes ZEN, sans état d’âme.

 

1. Initiation au trait de pinceau

 

La peinture à l’encre de chine est une succession de « traits » calligraphiques. C’est pourquoi les peintres anciens parlaient de « l’unique trait de pinceau » pour désigner l’apprentissage de la peinture. Arriver à améliorer son coup de pinceau et tendre vers la perfection fait partie de la philosophie des peintres et calligraphes chinois et japonais depuis des siècles.

En voyant la vélocité du peintre lors de la réalisation d’un bambou, les débutants n’ont pas conscience de la souplesse du mouvement. Quand ils commencent à peindre, ils ont tendance à poser directement leur pinceau sur le papier, comme pour écrire, et à le relever brusquement. Ils obtiennent ainsi un résultat décevant.

C’est pourquoi l’entraînement à la peinture des feuilles de bambou est une étape nécessaire pour entrer dans l’univers de la peinture Zen, chinoise comme japonaise. Le trait commence dans l’esprit du peintre et se prolonge sur le papier, puis se termine dans l’esprit. Le mouvement dans l’espace est circulaire, comme pour décrire un arc de cercle.

(Une analogie moderne pourrait être l’atterrissage d’un avion suivi aussitôt d’un décollage !)

Pinceau Chinois

Le pinceau, bien vertical par rapport au support (traditionnellement en papier de riz), commence au-dessus du papier. Le mouvement descend progressivement jusqu’à toucher le papier, glisse en appuyant plus ou moins fortement selon la grosseur de la feuille de bambou, avant de se relever en douceur, jusqu’à effleurer le papier puis à s’envoler comme un oiseau.

C’est le bras tout entier qui fait le mouvement, ni les doigts (qui maintiennent la position verticale du pinceau) ni le poignet (souple mais ferme).

 

2. Comment peindre les feuilles de bambou

 

Vous pouvez suivre les exemples montrés sur la vidéo et vous entraîner à peindre des feuilles de bambou, en partant des exemples les plus simples.

Dans la nature, les feuilles du matin, après l’humidité de la nuit, ainsi que les jeunes feuilles du printemps, s’élèvent vers le ciel, vers le soleil. Pour les peindre, le mouvement ira donc du bas vers le haut et donnera une impression de jeunesse et de vitalité.

Feuilles de bambou du matin

Les feuilles assoiffées et fatiguées par la chaleur de l’été descendent l’après-midi. Pour les peindre, le mouvement ira donc du haut vers le bas et donnera une impression de douceur et d’élégance.

Feuille de bambou l'après-midi

Il est également possible d’indiquer le mouvement du vent d’automne ou d’hiver dans les feuilles en leur donnant une direction oblique.

Feuilles de bambou dans le vent

Le débutant doit donc s’entraîner à peindre la feuille de bambou dans toutes les directions, comme montré dans la vidéo.

 

3. Les groupes de feuilles

 

Sur les branches et rameaux, les feuilles sont peintes par groupes de 2, 3, 4 ou 5 qui peuvent se succéder, se superposer ou s’intercaler les uns aux autres. Lorsque l’on veut s’inspirer de l’œuvre de peintres chevronnés, on doit décomposer les amas compliqués en groupes plus simples.

Groupes de feuilles de bambou

Il existe quelques schémas traditionnels de base que l’on pourra varier et compliquer par la suite.

 

PRINCIPE IMPORTANT : Eviter l’uniformité des tailles, des formes, des directions et des teintes d’encre ou de peinture.

De même, on doit éviter de placer 2 feuilles sur la même ligne : elles sont légèrement décalées les unes par rapport aux autres. Dans une composition de bambou, comme dans une composition de fleurs, il y a un sujet principal, c’est l’hôte, et d’autres secondaires, ce sont les invités. Toutes les feuilles (et toutes les fleurs) sont de tailles différentes, sans rompre l’harmonie.

  • La queue de poisson décrit souvent de jeunes feuilles, que l’on peint de bas en haut. Elle est composée de 2 feuilles, une principale, plus grande, une secondaire, légèrement plus petite. Lorsqu’on en rajoute encore 2, elles seront de taille différente, légèrement plus petites ou plus fines.

Bambou - Queue de poisson

  • La queue du poisson d’or est composée de trois feuilles: une principale, 2 secondaires, de tailles différentes, bien sûr.

Bambou - Poisson d'or

  • Pour l’hirondelle, on rajoute encore 2 feuilles, une de chaque côté. L’hirondelle est donc composée de 5 feuilles : 1 petite pour la tête, 2 longues pour la queue, 2 fines sur les côtés pour les ailes. Cette composition est particulièrement élégante et se décline avec une infinité de formes et de directions.

 

4. L’encrage du pinceau

 

Préparer 3 récipients : 1- de l’eau, 2- un peu d’encre de chine pure, 3- un peu d’encre diluée, plus pâle. (Nota : si vous n’avez pas d’encre de chine, vous pouvez utiliser un tube de gouache noire).

Après avoir rincé puis égoutté le pinceau sur le bord du récipient en reformant bien la pointe, le tremper dans l’encre diluée et égoutter à nouveau ; puis tremper la pointe dans l’encre pure, de façon à avoir, sur le corps du pinceau, un dégradé du noir au gris.

Au fur et à mesure que l’on peint, les traits deviennent plus clairs, donnant une impression de profondeur. Ne pas hésiter à reformer la pointe du pinceau de temps en temps.

  • Les feuilles du bas et du premier plan sont plus foncées et plus grosses.
  • Les petites feuilles du haut sont un peu plus claires.
  • Les feuilles de l’arrière plan sont beaucoup plus pâles,

 

A VOS PINCEAUX !

Je suis à votre disposition pour toute question.

A BIENTÔT

 

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